Ta passion quand tu as la vingtaine.

Dans beaucoup de vidéos de coaching, tu trouveras « Trouve ta passion et tu ne devras plus jamais travailler », « Utilise ta passion pour les autres et tu aideras la société », blablablabla. Cela va bientôt faire un an que je fais une grosse introspection. Beaucoup de self-development best-sellers ont été dévorés. Après avoir suivi plusieurs de leurs conseils, me voilà toujours au point zéro.

À 23 ans, je n’ai toujours aucune idée de quelles sont mes passions ou de quelle mission je poursuis… Il semblerait que cela soit commun à ma génération Gen-Z. Ma compagne pleure parfois d’être perdue dans sa vie. D’autres copains bruxellois se cherchent, essaient plusieurs études, différents boulots pour finalement ne pas s’épanouir… Aujourd’hui, grâce aux facilités d’apprentissage, toute porte nous est ouverte. Alors laquelle prendre ?

Si tu ne lis pas le reste du texte, pas de soucis. Voici un résumé,

  1. Une passion ne se trouve pas, mais s’exerce. On peut lire autant de livres qu’on veut, c’est dans la pratique qu’on découvrira ce que l’on aime.
  2. Une passion prend du temps. Si tu es dans la vingtaine, c’est normal de ne pas avoir encore trouvé ta voie. Tu dois juste continuer à parcourir toutes les possibilités. N’aie pas peur de te prendre un mur, c’est le meilleur moyen de savoir ce que tu aimes ou non.

Une passion

Dans un livre que j’ai récemment lu « Deep Work » de Cal NewPort, l’auteur compte 3 moyens d’être « successful » au 21e siècle. Laissons sa définition à l’américaine nous guider ici (souvent relative au confort, argent et relations familiales). Pour être « successful », on doit avoir au moins un de ces 3 atouts :

  • Avoir un gros capital.
  • Être très doué avec les technologies. Dans le sens, tu es un génie du digital ou du code.
  • Avoir une spécialisation dans laquelle tu es reconnu et où tu excelles.

Si tu es né dans 99% des familles, te voilà à devoir viser les 2 dernières techniques… La troisième technique requière une passion pour être « successful » dans le sens de Trump. Une passion est une activité dans laquelle nous excellons et qui nous apporte beaucoup de bonheur. C’est une activité à laquelle nous pouvons passer des journées entières sans broncher. En partant de cette définition, je me retrouve avec comme passions :

  • Regarder des séries et des films,
  • Me balader en écoutant des musiques sur Spotify.

Hum, quand je lis certains articles proposant de transformer sa passion en business, je crains pour mon cas… Une passion est quelque chose qui se partage. Le meilleur moyen de laisser notre marque (legacy) sur la planète, c’est en donnant. Rajoutons donc cet élément à la définition.

« Qu’est-ce que je fais régulièrement, que j’apprécie et qui profite ou profitera aux autres ? »

Stop arrête de lire et réfléchis un moment.

1. 2. 3.

On continue…

Avec cette nouvelle définition, je me retrouve alors avec comme passions:

  • Présentation en public (Keynote speech)
  • Digital Marketing (Web Design, SEO, Social Media, Ads)
  • Danses sociales (salsa, bachata, kizomba)
  • Le monde de l’entrepreneuriat
  • Les voyages (dans le sens de découvertes continues)

Dans aucune de ces différentes activités, j’excelle aujourd’hui. Sont-elles donc mes passions ? Je n’en ai aucune idée…

No Stress

Tout d’abord, on nous met beaucoup de pression dès le plus jeune âge pour qu’on trouve « notre voie ». Dès 15 ans, tu dois choisir une filière qui va te mener vers une voie spécifique (scientifique, littéraire, manuelle ou artistique). Si tu choisis la mauvaise « voie » à tes 15 ans, on prétend que tu auras du mal à rattraper ton retard à l’université… Dans notre choix de carrière à 23 ans, certains employeurs nous affirment qu’on doit rester 3 ans dans une même fonction avant de pouvoir changer. Une fois une carrière choisie, on te conseille de rester pour 10 ans avant de totalement changer. Autrement, ce n’est pas vraiment une carrière mais plutôt un « essai ».

Grosso modo, on nous donne l’impression que nos choix sont irréversibles. Si nous ne découvrons pas ce que l’on aime rapidement, nous nous retrouverons dans un boulot que nous détestons… Nous nous infligeons beaucoup de stress à trouver notre passion asap. À quoi bon ? Notre passion ne tombera pas du ciel. Avant que celle-ci soit découverte, nous l’aurons déjà pratiquée pendant des années…

Teste, tente et retente

Tu n’as jamais fait du patin à glace ? Comment peux-tu savoir que tu ne vas pas adorer cela et en faire une activité régulière. À l’avenir, ce simple petit test peut se transformer en passion. L’une des clés pour trouver une passion quand on est jeune est de tester différentes activités. Il est difficile de connaître ce que l’on aime, mais c’est très simple de savoir ce que l’on n’aime pas ! Pense à des activités que tu détestes, et non l’inverse. Plus tu découvriras de nouvelles occupations, plus tu pourras juger et connaître la direction que tu désires prendre.

Quid de la thune ?

Choisir une activité par rapport à son potentiel monétaire ne me semble pas la meilleure stratégie… Sur le long-terme, un mauvais trader gagnera toujours moins qu’un bon peintre. Les gens choisissent d’éviter le monde artistique parce qu’il n’y pas de débouchés. Ici, on prend le problème à l’envers. D’abord, tu dessines, tu remarques si cela te plaît et puis tu avises… Alors, je comprends très bien le débat : « Je n’ai pas envie d’être un pauvre peintre toute ma vie ». Moi non plus mais rappelle-toi qu’une passion ne doit pas spécialement être ton métier. Tu peux être électricien en journée (pour gagner assez) et le soir t’éclater sur des œuvres d’art.

La pratique est une des clefs

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Tu peux pratiquer tout en sirotant un Milkshake !

Une activité que vous aimez, cela se découvre. Une passion, cela se pratique. Au début, tout le monde « sucks ».

Quand j’ai commencé à danser la salsa, des partenaires me laissaient seul sur la piste parce que je ne connaissais que les bases et que je ne dansais pas sur la musique… Aujourd’hui, si je dois retrouver ces mêmes « pestes », je leur ferai des pirouettes dans tous les sens ! Une activité vous plaît ? Poursuivez-la. Continuer pendant quelques années et si vous continuez dans ce sens, vous êtes sur la bonne voie.

Les gens changent

Aujourd’hui, je n’aime pas cuisiner mais qui dit que dans 10 ou 20 ans quand j’aurai des enfants et plein d’amis à inviter à mon « dîner-presque-parfait », je n’aimerai pas préparer un bon confit au canard ? Nous changeons et nos passions changent aussi. Tu commenceras guitariste et termineras ingénieur du son. Accepter le changement, c’est vous accepter vous-mêmes.

Sois créateur !

Dans un monde de plus en plus compétitif où presque tous les skills peuvent s’apprendre en ligne gratuitement (si on connaît un peu Torrent), il n’y a que dans l’excellence que vous pourrez vous distinguer. Selon Malcolm Gladwel dans son livre « Outliers », nous avons besoin de 10 000 heures de pratiques avant de maîtriser un domaine particulier. Si tu commences à pratiquer les arts martiaux 3 heures par jour, tu deviendras senseï seulement dans ta trentaine… Si vous êtes comme moi, à chercher désespérément votre passion, avancez sans crainte ni stress. Dans 10 ans de pratique, c’est plus un marathon qu’un sprint. 90 % de nos choix sont réversibles… Nous devons absolument devenir créateur et non consommateur pour développer notre passion sur le long terme.

  • Vous pouvez lire 50 articles sur Medium ou en écrire un. Vous risquez de développer une passion pour l’écriture, plus en écrivant qu’en lisant.
  • Vous pouvez passer vos journées entières sur Instagram, vous allez plus développer une passion pour la photo en allant prendre des photos !

Votre passion a de la valeur. Ne laissez personne dire que le tricot, c’est ringard et court à sa perte. Testez, échouez, retentez, échouez encore et un jour cela viendra 😊.